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Rommor Ep2

Les nouvelles de Chandrila titraient ce matin-là: Une fin de soirée tragique. Ce n’est pas tant la fin de soirée elle-même dont je me rappelle plutôt que de tout ce qui l’a précédée.
Depuis le départ de ma mère il y a sept ans, le manoir du domaine de Cabb ne recevait guère plus ; mon père et moi y passions parfois quelques jours, souvent à des périodes différentes de l’année. Lorsque nous nous y rencontrions, si le temps le permettait nous prenions alors nos fusils pour aller chasser, seul moment où il était possible d’établir une certaine communication primale entre nous.

Mais ce soir-là avait lieu une réception que personne sur la planète n’aurait manqué, le Lord Général Cabb, le «vieux Vornsk» invitait tous les loyaux sujets de l’Empereur à venir partager sa fierté, son fils unique venait de sortir diplômé de l’académie navale impériale.

Quelle agitation alors! Père fit louer les services d’une véritable armée de serviteurs, il exigea bien sûr que chacun subit un test de loyauté pour garantir la sécurité de ses hôtes de marque…Nul droïd bien sûr, Père avait encore de vifs souvenirs des guerres noires.
Le manoir et son parc accueilleraient les pairs de Chandrila alors que pour le petit peuple le service festivité s’était vu remettre de fort généreuses donations ainsi qu’adjoindre une équipe de « conseillers » dépêchés par le Comporn. Dans toutes les grandes villes de la planète, il serai su qui j’étais et qu’offrant ma vie au service de l’Empereur je lavais la tâche faite sur le nom des Cabbs par la fuite de madame ma mère aux côtés des rebelles.

Il eut été inconvenant d’annoncer le jour-même mes fiançailles avec un officier supérieur de la Flotte, aussi père fit il comprendre à un amiral de sa connaissance que la présence de Sasha était nécessaire à une conférence sur la tactique à l’académie. C’était une demi-joie, j’étais de nouveau pris dans la guerre d’opinions entre Père et Mère, Sasha serai absente et très franchement les gens que j’appréciais parmi la haute société de Chandrila se comptaient sur les pinces d’un droïd E-1-B.

Néanmoins le vieux manoir sombre fut brillant et bien vivant lorsque la nuit tomba, le balais des Speeders aux grilles du parc était continu mais chacun levait les yeux pour voir évoluer les majestueuses navettes de classe Lambda qui transportaient elles, des gens d’une puissance véritable et pas seulement par le titre. Père était une tête de Rancor qui s’il n’avait été un proche collaborateur de sa majesté avant l’age impérial aurait vite eu de nombreux ennemis ouverts, mais sa dragonne rouge et le fanatisme qu’il inspirait à ses hommes le plaçaient hors d’atteinte, il était la propriété de l’Empereur, un outil utile que nul ne devait abîmer.

Nous avons ainsi eu le plaisir d’accueillir Ars Dangor qui par de multiples occasion évoqua le trait d’esprit acéré de sa majesté au propos de la famille Cabb, chacun y rit poliment avec admiration, en substance monsieur le conseiller de l’Empereur avait inventé la phrase suivante:

«Le jeune Lord Cabb a intégré la flotte? Depuis quinze générations, c’est à croire que ces gens-là naissent avec un fusil entre les mains.»

Des jeunes gens de Chandrila j’avais quelques anciens compagnons de jeux, sorties en forêts et autres débauches coutumières aux oisifs ne manquant de rien…Je saluais poliment chacun d’entre eux, m’évertuais à éviter les débutantes ambitieuses ou amies passées, je devais être follement désirable grâce à cet uniforme, mieux valait en rire.

Tout a mal tourné dans le petit salon, salle où les précédents Lords Cabb recevaient leurs proches ; Père avait fait monter au mur le pistolet de duel ayant servi à tuer le quinzième Lord Cabb, l’honorable sénateur Virgil Tariste Cabb, son frère aîné. Et sous l’arme avait fait graver une plaque proclamant:

«Il n’a pas reculé, signe qu’il devait être stupide ou qu’en son cœur résidait cachée une once de bravoure.»

Il était de notoriété publique que lors des élections sénatoriales ayant vu gagner Mon Mothma, Père alors jeune capitaine de la garde du Sénat avait désavoué son frère pour lui demander réparation au nom de notre famille, oncle Virgil était en effet un soutient du clan bancaire intergalactique et donc plus ou moins un séparatiste. Je méditais souvent sur cette épitaphe que seul un Cabb pouvait bien trouver affectueuse, l’once de bravoure ayant été à l’origine une perle de bravoure que l’humilité propre à père avait fait changé en ce terme si petit. C’est à l’occasion de ma première chasse que père me confia ce secret, j’avais pleuré en voyant les yeux de la bête dans mon viseur, et devant son cadavre fumant dans la neige hivernale, il me dit:

«Lorsqu’à bout de pistolet j’ai fait face à votre oncle Virgil, j’ai vu dans ses yeux qu’il savait qu’il allait mourir un peu comme ce gibier, mais il était là et il ne s’est pas défilé…C’était mon frère, il est mort comme il devait le faire. Si un jour vous savez que vous allez mourir mon fils, prêtez le poitrail au trait qui vous fauchera, tombez de haut et bruyamment, laissez savoir à l’univers qu’un Cabb est mort sans s’esquiver car c’était son devoir. Cette perle de bravoure est notre plus précieux trésor familial et nul ne peut nous l’arracher, conservez-là précieusement.»

Ah, pauvre oncle Virgil, lui le politicien prudent…Il avait accepté la fatalité, mais qui aurait pu ne pas incliner le cou devant la funeste faux alors qu’il avait à l’autre bout du près monsieur mon Père? Cet homme dont le principal passe-temps jeune avait été de louer ses services comme duelliste professionnel? Un homme cruel que chacun croyait froid car il disciplinait à grand peine la fureur qui battait son sang, un homme qui chassait ses semblables avec un plaisir malsain?

«Les Cabbs sont des chiens méchants, ils se moquent de la cause pour laquelle ils tuent ou meurent, tant qu’elle légitime leurs actes.»

Cela aurait été plus dans le ton de sa majesté telle que je me la représentais, un fin maître de la manipulation, un juge infaillible des caractères comme des cœurs, un géant parmi les nains qui avait su plier à sa volonté jusqu’aux étoiles orgueilleuses.

Mais voyez comme je m’enfuis dans une digression pour oublier la douloureuse vérité…Revenons à notre salon, à cette plaque maudite, médaille de la bêtise qui me conduit à cet instant. Un fâcheux qui croyait avoir de l’esprit eu la mauvaise idée de s’esclaffer en ma présence de la façon qui suit:

«N’avez vous point de regrets finalement? Si votre oncle Virgil eu vécu, paix à son âme, peut-être Mon Mothma serait-elle restée une femme à sa place, et on est en droit de se demander s’il n’eu pas mieux valut pour la galaxie qu’il en fut le cas. Eh, madame la dame de Cabb serait peut-être encore des nôtres ce soir!»

La dernière phrase bien sûr n’était pas destinée à me blesser, mais l’ensemble par un malheureux hasard vint réveiller ce coin sombre dans mon âme que je tenais de Père. Je lui ais répondu par un sourire glacé comme si la plaisanterie m’avait plue, puis d’une main légère j’ai décroché les gants de cuir à ma ceinture et giflé son visage, de par deux fois.

«Et vous monsieur, nul regret? Sans votre fatuité vous n’auriez pas à me donner réparation demain sur le champ d’honneur…Le choix des armes est vôtre, n’oubliez pas votre témoin.»

L’affaire aurait pu se régler par la médiation des familles, personne ne voulait vraiment de sang versé…Mais le Lord Cabb fut intraitable et assura vivement qu’il s’assurerai de la création d’une seconde plaque toute identique à l’objet du duel, lorsque l’on demanda son avis au conseiller de l’Empereur, ce dernier fit un merveilleux pas de danse en s’esquivant vers sa navette:

«l’Ordre nouveau a des lois mais ne fait jamais acte d’ingérence dans les coutumes locales, nous ne pouvons que déplorer à titre personnel une violence peut-être pas indispensable dans la résolution de ce différent.»

La fête continua néanmoins, beaucoup de personnes venant m’assurer de leur soutient entier et se proposer pour m’assister en qualité de témoin le lendemain ; monsieur mon Père les repoussa d’une seule déclaration, disant que le clan Cabb faisait bloc lorsque son honneur était mis en question, il offrit généreusement l’assistance de son chirurgien, le même qui lui avait remplacé un poumon et le bras droit après l’attentat manqué sur l’Empereur, sans conteste donc un des meilleurs de l’Empire.

Mais en privé le discours fut tout autre Père regretta que l’on gâche la jeunesse de telle façon, que si on voulait mourir alors les champs de bataille étaient un lieu bien plus approprié et qu’à une époque c’était l’orgueil d’une famille que d’avoir un enfant assumant la charge des armes…Aujourd’hui il voyait défiler toutes les mères de nobliaux voulant éviter le service à leur progéniture. Il m’exprima donc sa volonté de bâtir un exemple pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise pas, et s’il était mon témoin c’était bien pour s’assurer que je ne laisserai pas un souffle de vie à mon adversaire.

L’Aube grise, la rosée couvrait le pré…C’est au pistolet que devait se régler la querelle, cela ne faisait pas grande différence, je m’y entendais autant au fusil ou à l’épée, mon étrange éducation y avait veillée. Le désaccord fut au moment de choisir le protocole, on voulait en face opter pour un « Sabrien », blasters en mode neutralisant et chemise à dissipation d’énergie, Père me jeta un regard de dédain et c’est comme à la manœuvre que je choisis le protocole « Mandalore » soit deux tirs à vingt pas sans protection aucune.
Le premier tir a été le bon, il a fauché le pauvre garçon à la gorge, seule façon de le tuer proprement de profil…Je n’en suis pas bien fier, le pire étant que si regrets vous avez, vous êtes tenu de ne pas les exprimer, vos condoléances n’allant sûrement pas conforter la famille endeuillée. Après ce jour je n’ai plus jamais pu aller chasser avec mon Père, je voyais des yeux humains dans chaque bête au bout de mon canon, des yeux accusateurs mettant en lumière une partie de moi-même que je préfère oublier.

Créé le samedi 2 juin 2007 à 23h10 par Guinch & mis à jour le samedi 2 juin 2007 à 23h16